Laisserez-vous le destin jouer son rôle ?
 

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 We lost ourselves in our pain

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« Jeong Min Hwan » TWAO ☆ Avoider
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MessageSujet: We lost ourselves in our pain   Lun 7 Juil - 8:17

We lost ourselves in our pain

Ae Ri & Min Hwan

Chez la famille Kang, le 3 octobre 2013 à 11:21.



D'un geste las, je bouclais mon sac tandis que Min Jae faisait de même à l'autre bout du dortoir. Aujourd'hui, après un peu plus d'un mois d'entraînement intensif, nous avions fini notre période de service militaire obligatoire. Dès la semaine prochaine, nous serions affectés dans Séoul pour effectuer le service civil auquel les Twaos étaient soumis d'office en raison de notre handicap.

Dans un sens, j'avais hâte de rentrer, retrouver Hyun Hee et mes amis. Mais d'un autre côté, je ne me sentais pas prêt. J'aurais voulu fuir la réalité encore un peu. Ici, je n'avais pas eu une seule seconde pour penser à mes problèmes, et cela m'avait fait le plus grand bien. Je ne regrettais absolument pas ma décision. Revenir, c'était affronter l'absence d'Ae Woon dans ma vie, me rappeler que depuis avril je ne l'avais plus vu en-dehors des fois où je passais devant son lieu de travail.

Je passais une main dans mes cheveux ras en soupirant. Il fallait que je sois positif. Ae Ri m'attendait dehors avec mes parents, elle me l'avait promis lorsque je lui avais annoncé mon départ. Je savais que Hyun Hee ne serait pas là, ce n'était pas son genre, mais nul doute qu'il m'attendait chez lui dans la soirée. Je me réjouissais de la journée qui m'attendait, comme un entre-deux avant que les problèmes se rappellent à moi.

Notre commandant nous appela et nous nous dirigeâmes vers l'entrée du camp. J'échangeais quelques politesses et au revoirs avec mes camarades avant de quitter définitivement le camp. Rapidement, je repérais mes parents et me dirigeais vers eux, tout sourire. Ma mère me prit dans ses bras tandis que mon père me déchargeait de mon sac.

« Et Ae Ri ? », demandais-je.

Ma mère m'adressa un regard triste.

« On lui a proposé de passer la chercher, mais elle n'a pas voulu venir. »

J'accusais le coup. Mon coeur se serra douloureusement à la pensée qu'Ae Ri ait délibérément refusé de me voir, qu'elle ait rompu sa promesse. Moi qui me faisait une joie de la voir, je me retrouvais face au vide insistant de son absence. La seule chose qui me traversait l'esprit était : pourquoi ? Je repensais un instant au jour où je lui avais avoué mon homosexualité, lui expliquant que c'était la raison pour laquelle Ae Woon et moi ne nous parlions plus, entre autres. Je secouais la tête pour chasser l'idée qu'elle aussi eut été dégoûtée de mes penchants : Ae Ri n'était pas ainsi. Pourtant, c'était la seule explication que je trouvais à son absence.

Peiné, je suivis mes parents jusqu'à la voiture et passais le voyage à répondre à leurs questions sans grand entrain. Cette histoire me perturbait trop. Quand nous arrivâmes chez nous, ma mère m'empêcha de rentrer, sous mon regard surpris.

« Va la voir. On aura tout le temps de parler une autre fois. Cette petite a besoin de toi. »

Je n'eus pas le temps de lui demander ce qu'elle sous-entendait par là qu'elle me fermait déjà la porte au nez. Bienvenue à la maison hein. Je fis donc demi-tour et me dirigeai de l'autre côté de la rue. J'étais encore vêtu de l'uniforme mais ce n'était pas très grave. Ma mère avait raison : il fallait que je vois Ae Ri, que je comprenne ce qui n'allait pas.

Je me trouvais ridicule d'angoisser alors que je sonnais à la porte. C'était Ae Ri bon sang ! Jamais je n'avais eu la moindre appréhension avec elle, elle était mon petit havre de paix. Pourtant, aujourd'hui je ne la comprenais pas, et c'était une grande première pour moi. J'étais perdu.

La porte s'ouvrit enfin sur... Ae Ri ?! J'ouvris de grands yeux écarquillés. Devant moi se tenait Ae Ri, mais... ce n'était plus vraiment Ae Ri non plus. Elle avait coupé ses longs cheveux en un carré plongeant et les avait teints en noir. Elle avait grandi un peu aussi et sa silhouette s'était développée avec. Ou peut-être était-ce dû au fait qu'elle portait un short beige et un débardeur moulant bleu nuit qui la mettaient plus en valeur que ses tenues habituelles ? Je restais coi devant la transformation, ne sachant quoi penser. Voir ma petite Ae Ri si... si... femme, c'était un choc. Elle était à un an de la majorité certes, mais je ne l'avais pas vu grandir dans ma tête.

J'essayais de reprendre un peu mes esprits et lui adressais mon habituel sourire.

« Je suis revenu. »

Je ne savais quoi dire d'autre, pas après un tel changement et son absence inexplicable.


Dernière édition par Jeong Min Hwan le Lun 22 Sep - 23:25, édité 1 fois
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« Kang Ae Ri » TWAO ☆ Loner
MessageSujet: Re: We lost ourselves in our pain   Lun 7 Juil - 17:14

Assise sur le canapé, je fixe sans le voir mon devoir. Je ne me souviens même plus de ce que je dois faire. Dissertation ou commentaire ? Ca fait quatre fois que je relis l’intitulé du devoir et je ne sais toujours pas de quoi je suis censée parler. Je suis perdue dans mes pensées et les caractères me semblent incompréhensibles. D’habitude quand je travaille, je ne pense pas. Mais là, impossible de me concentrer. Si les parents de Min Hwan ne m’avaient pas appelée, j’aurais sans doute déjà bien avancé dans mon travail. Au lieu de ça, je rumine ma colère contre le monde entier. Évidemment, je suis comprise dans le lot des personnes à qui j’en veux. Aujourd’hui, c’est le jour où Min Hwan termine son entraînement à l’armée et revient chez lui. Fin du silence radio. Théoriquement du moins. Je suis tellement blessée que je ne suis même plus sûre qu’il veuille entendre parler de moi maintenant. Quitte à me faire perdre mon partenaire et mon grand-frère, le destin pourrait bien passer aussi du côté de la deuxième personne la plus importante pour moi…

Dans la colère causée par l’abandon, j’ai fini par briser la promesse que j’avais faite à Hwannie. J’avais promis de venir le chercher. Sauf que j’ai oublié la date qu’on était. J’aurais pu quand même accompagner les parents de Hwan. Mes devoirs pouvaient largement attendre, et j’étais prête à sortir. Pourtant, j’ai refusé. Je ne me sens pas prête à le revoir. Je ne supporterai pas qu’il me rejette. Pui… Qu’est-ce que je pourrais lui dire ? Mon esprit à la recherche de coupables a attribué des responsabilités dans le départ d’Ae Woon  et tout le monde en a pris pour son grade, y compris moi. Et Min Hwan, qui a laissé tomber mon frère, certes pour de bonnes raisons. Sauf que je sais qu’il n’y est pour rien. C’est Woon qui a choisi de plier bagage. Et personne d’autre. Si Hwan avait su, il aurait fait en sorte que ça n’arrive pas. J’ai toujours été sincère avec Hwan, et quand je ne l’ai pas été, il l’a toujours su. Comment puis-je l’affronter sans lui dire ce qui pourrait le blesser ?

J’ignore combien de temps s’est écoulé depuis l’appel des Jeong quand on sonne à la porte. Je sursaute légèrement et me lève lentement en me souvenant que je suis seule. Traînant les pieds, je vais ouvrir sans prendre la peine de regarder qui est là. Mon regard se pose alors sur Min Hwan. En silence, il me fixe, l’air étonné. J’en fais de même. Je ne m’attendais pas à ce qu’il vienne. Il aurait du rester avec ses parents, se reposer, aller voir son copain. Pas venir me voir moi, alors que j’ai brisé sciemment ma promesse. Sa mère ne lui a peut-être pas dit. Il me sourit dans son uniforme et tout ce que j’ai essayé de me faire croire pendant ce long mois disparaît de mon esprit. Il ne semble pas m’en vouloir. Et tous les reproches dont je l’ai accablé en silence s’évaporent. Il m’a manqué.

« Je suis revenu. »

Un sourire apparaît enfin sur mon visage. Je ne sais pas trop quoi répondre alors je me pousse.

« Bienvenue. »

Je le laisse entrer et refermer la porte derrière lui. Dans le salon, j’empile mes cours et mes brouillons, ainsi que tous les petits dessins qui les couvrent au coin de la table. Ca a toujours été très naturel avec Hwannie. J’ai toujours su trouver des sujets pour détourner son attention, des explications improbables pour justifier mes états pitoyables. Pourquoi est-ce devenu si compliqué ? Je suppose que ça a un lien avec le fait qu’il ait tenu sa promesse et soit revenu, lui, alors que je n’ai pas pris la peine de tenir la mienne. Je me sens honteuse. Il n’a pas à payer pour ce que mon frère me fait endurer.


« Tu veux boire quelque chose ? »

Que des banalités. Alors que j’ai tant de choses à lui raconter. Mais est-ce que j’ai encore le droit de lui dire que ça ne va pas ? Est-ce que je peux encore me permettre de vider mon sac alors que je suis une amie aussi pitoyable ? Est-ce que j’ai le droit de l’ennuyer déjà le jour de son retour ?

« Je suis désolée de ne pas être venue, Oppa. Je n’ai pas d’excuses. »

Non, je n’en ai pas. Aucune. Je suis juste une gamine égoïste qui ne vaut pas mieux que son lâche de frère. Je me racle la gorge et quitte ma pile de papier griffonné du regard pour l’observer encore un instant. Il a changé, mais sans doute moins que moi. Il est toujours aussi beau, et je l’aime toujours autant malgré tout. J’ai envie de me jeter dans ses bras, mais je m’en empêche. Je lui en ai trop voulu de n’avoir pas été là quand je cherchais Woon à travers la ville, quand je pleurais dans les bras de Papa en me rendant compte qu’il était vraiment parti et qu’il ne donnerait pas de nouvelles. Sauf que Hwan n’y est pour rien. Il n’y peut rien si mon frère m’a tout simplement abandonnée pour partir avec notre cousine.


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MessageSujet: Re: We lost ourselves in our pain   Dim 10 Aoû - 8:05

Le sourire d'Ae Ri, bien que petit, me rassura un petit peu et je lui emboîtais le pas alors qu'elle rentrait à l'intérieur, fermant la porte d'entrée derrière moi. La maison, elle, n'avait pas changé. C'était rassurant de trouver quelque chose de stable à mon retour. J'avais l'impression d'être parti bien plus d'un mois en vue des changements que j'avais pu observer en même pas une heure. Ma coupure loin de tout m'avait fait du bien, mais je me rendais compte de la difficulté du retour, de se retrouver confronté à ce que l'on a manqué. J'observais Ae Ri ranger ses cours et ne pus m'empêcher de remarquer à quel point elle avait maigri durant ces quatre semaines. Que s'était-il passé ?

J'acceptais sa proposition en précisant qu'un verre d'eau me suffirait puis m'installais autour de la table sans la lâcher du regard. Je tentais de deviner ce qui pouvait bien trotter dans sa tête, sans succès. Je n'avais jamais été doué pour percer les gens à jour, je savais seulement quand ça allait ou pas et si un mensonge se cachait sous des mots assurés. Mais l'origine-même du problème, je ne pouvais qu'attendre qu'on me la révèle.

« Je suis désolée de ne pas être venue, Oppa. Je n’ai pas d’excuses. »

Je bus une gorgée avant de répondre, le regard fixé sur mon verre.

« Ce n'est pas grave. Je sais bien que les études sont plus importantes que ma petite personne. », répondis-je en désignant le tas de cahiers sur la table.

Mais je n'avais jamais été très bon pour les mensonges, moi-même je percevais la tristesse qui teintait ma voix. L'absence d'Ae Ri m'avait fait de la peine oui. J'avais attendu avec impatience de la voir, encore plus que mes propres parents. La déception avait été grande, mais qui pouvais-je ? Ae Ri en avait peut-être assez de devoir jouer la petite soeur avec deux vieux comme Ae Woon et moi. À son âge, ça se comprenait.

« Alors comme ça, tu as changé de look ? Ça te va vraiment bien. Mais ça me fout un coup de vieux, je me rends compte que t'es plus une enfant maintenant. », déclarais-je avec un petit rire forcé.

Je tentais de détourner la conversation, de revenir sur des sujets plus neutres. La tension était palpable et je n'avais pas l'habitude de ça avec Ae Ri. Mais quoi que je fasse ou dise, je n'arrivais pas à rétablir notre aisance habituelle. À croire que nous n'avions pas d'autre choix que de crever l'abcès.

Je saisis le poignet de Ri qui était assise près de moi et le serrais doucement en la regardant dans les yeux. Une fois encore, la sensation de ses os me rappela sa perte de poids flagrante. Déjà qu'elle n'était pas très épaisse...

« Ri..., commençais-je avec un regard concerné. Est-ce que tu manges correctement ? Tu as affreusement maigri en un mois, ça m'inquiète. »

Ma main glisse doucement pour aller serrer la sienne avec tendresse.

« Tu sais que tu peux tout me dire. »

Je la vois ouvrir la bouche et fronce aussitôt les sourcils.

« Ae Ri. »

Ma voix était sans appel : je ne voulais pas qu'elle me serve l'un de ses mensonges. Je la laissais faire habituellement, préférant attendre qu'elle veuille en parler d'elle-même, mais pas cette fois. Elle me devait la vérité.
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MessageSujet: Re: We lost ourselves in our pain   Lun 11 Aoû - 11:44

Je lui apporte son verre d’eau et viens m’asseoir à côté de lui. J’aurais aimé me blottir tout contre son flanc mais je me prive de ce contact dont j’ai pourtant tellement besoin et reste tête basse, incapable de le regarder en face.

« Ce n'est pas grave. Je sais bien que les études sont plus importantes que ma petite personne. »

Parce que la douleur est toujours la seule chose qui parvient à m’empêcher de craquer totalement, je mords l’intérieur de mes joues face à ce coup qu’il me porte. Je l’ai bien mérité. Je ne m’attendais pas à ce qu’il me remercie d’avoir rompu ma promesse, ni même qu’il me pardonne, mais ses mots et surtout la tristesse qui transparaît dans sa voix me brisent le cœur. Je ne suis qu’une gamine égoïste, incapable de prendre soin d’elle ou des autres. Pas étonnant dans ces conditions que mon frère m’ait abandonné sans un mot. Je sens mes yeux s’humidifier mais fais en sorte de ne pas pleurer. En revanche, je ne trouve pas les mots pour contredire Min Hwan. Je le fais passer après mes caprices. C’est pitoyable.

« Alors comme ça, tu as changé de look ? Ça te va vraiment bien. Mais ça me fout un coup de vieux, je me rends compte que t'es plus une enfant maintenant. »

C’était ce que je voulais, non ? Alors pourquoi est-ce que ça ne me fait pas plaisir ? Peut-être parce qu’il aura fallu qu’Ae Ri le garçon manqué aux cheveux clairs se jette au fond du gouffre et donne naissance à cette créature brune que je ne reconnais pas dans le miroir pour qu’il se rende compte que j’ai grandi. Je murmure un vague « merci » avant de laisser retomber le silence. Les secondes durent des heures avant que la main de Min Hwan ne saisisse mon poignet. Nos regards se croisent et je lis son inquiétude avant même qu’il ne m’en fasse part.

« Ri... Est-ce que tu manges correctement ? Tu as affreusement maigri en un mois, ça m'inquiète. »

Je lui adresse un petit sourire qui se veut rassurant mais je n’ose pas lui mentir. Bien sûr que non, je ne mange pas correctement. Les efforts que je faisais pour cacher la douleur causée par la mort de Seo Min se sont envolés lorsque je me suis retrouvée totalement seule. J’avais du mal les premiers jours en sachant que Hwan n’était plus joignable et le départ de Woon n’a rien arrangé. Je ne pensais pas que ça se voyait tant que ça au milieu de ma métamorphose. Je serre doucement sa main, regard baissé.

« Tu sais que tu peux tout me dire. »

Mais est-ce qu’il peut tout entendre ? Je l’ai assez blessé comme ça. Ce n’est pas le moment d’en rajouter. J’ouvre la bouche pour tenter de le rassurer un peu, fuyant toujours son regard.

« Ae Ri. »

Un mois loin de moi et il sait encore comment détecter un mensonge imminent. Je baisse la tête, coupable d’avoir voulu rompre une autre de mes promesses et lui mentir encore. Je n’ai pas le choix.

« Ae Woon est parti. »

Je lève les yeux vers Hwannie et, face à son air perdu, je ne peux qu’expliquer, alors même que j’espérais ne pas avoir à le faire. Je ne suis pas désespérante au point de me sentir mal à ce point pour un frère qui aurait juste quitté la maison, et mon aîné le sait parfaitement.

« Il a fait sa valise et il a quitté le pays sans un mot. »

Ma voix se brise et je serre les dents pour ne pas pleurer. Je baisse de nouveau la tête et mes cheveux courts viennent cacher mes joues et mes yeux.

« Lui aussi avait promis de toujours être là. Et il est parti, sans même donner de nouvelles. J’sais même pas s’il va bien… »

Je finis alors par dire tout haut ce que je tais depuis la défection de Woon.

«Tout le monde finit par m’abandonner d’une façon ou d’une autre… »

Ce que je dis est injuste pour Min Hwan, je le sais, et pourtant je ne l’exclus pas un instant. Il n’était pas là, même si ce n’était pas de sa faute, alors lui aussi m’a abandonnée.


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« Jeong Min Hwan » TWAO ☆ Avoider
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MessageSujet: Re: We lost ourselves in our pain   Jeu 14 Aoû - 9:12

Le silence répondait à chacune de mes phrases, un silence pesant et inhabituel. C'était tout juste si j'avais réussi à tirer un faible « merci » de la bouche d'Ae Ri. J'étais mal à l'aise, chose qui ne m'arrivait que rarement et jamais avec ma petite soeur. Ce malaise palpable, les changements d'Ae Ri, j'avais l'impression d'être au beau milieu d'un rêve - ou plutôt d'un cauchemar - et que je ne tarderai pas à me réveiller dans ma cabine de l'armée. C'était irréaliste.

Mon regard se porta une nouvelle fois sur cette silhouette que je ne reconnaissais pas. Je n'étais pourtant parti qu'un mois, un seul petit mois. Comment l'aurais-je retrouvée si j'avais dû effectuer un véritable service militaire de deux ans ? Je préférais ne pas y penser, envisageant le pire rien qu'en voyant à quel point elle avait maigri en si peu de temps. Elle ne niait même pas, fuyant juste mon regard alors que je cherchais justement à ce qu'elle me regarde. J'étais perdu, impuissant. Je me sentais étranger face à celle que j'avais vu grandir, j'avais l'impression de ne plus la comprendre si bien que ça.

« Ae Woon est parti. »

Mes yeux s'écarquillèrent légèrement sous la surprise et la mention de mon meilleur ami. Je ne comprenais pas ce qu'elle voulait dire par là. Parti ? Avait-il quitté le domicile familial pour reprendre un appartement ? Je savais Ae Ri attachée à son frère, mais pas au point de réagir ainsi pour si peu.

« Il a fait sa valise et il a quitté le pays sans un mot. »

Mon esprit se vida. J'avais l'impression d'avoir reçu un sceau d'eau glacée ou une grosse pierre sur la tête. J'étais totalement abasourdi. Ae Woon, parti. Cela faisait des années qu'il le voulait, qu'il le prévoyait, mais personne ne s'y était vraiment préparé. Et il n'avait rien dit.

J'entendais la voix brisée d'Ae Ri comme à travers un voile, complètement déconnecté de la réalité. Il fallut un certain moment avant que ses mots ne se fassent un chemin jusqu'à moi et je me levais aussitôt pour aller m'accroupir devant sa chaise et lui saisir fermement les épaules.

« Jamais je ne t'abandonnerai Ae Ri. Tu le sais. Je... »

Je baissais les yeux et laissais couler quelques larmes, ne retenant que trop mal les sanglots qui m'obstruaient la gorge. La réalité de la situation commençait à s'immiscer dans mon esprit. Ae Woon était parti. Après tant de mois, je me rendais compte à quel point mon meilleur ami me manquait. J'avais supporté son absence jusqu'à présent en sachant qu'il allait bien, qu'il était là. Mais maintenant ? Ae Ri m'annonçait que personne n'avait eu de nouvelles depuis presque un mois. L'angoisse qu'il lui soit arrivé quelque chose me tordait l'estomac et mes larmes redoublèrent d'intensité.

Puis je réalisais qu'Ae Ri avait dû affronter ça seule et son état ne m'étonnait plus. Je n'arrivais même pas à imaginer ce qu'elle avait pu vivre pendant ce mois. Je m'en voulais de ne pas avoir été là pour elle, même si je n'aurais pas pu prévoir ce qui allait se produire. Je tirais Ae Ri au sol avec moi et la pris dans mes bras en la serrant le plus fort possible.

« Pardon. Je suis là maintenant. »
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« Kang Ae Ri » TWAO ☆ Loner
MessageSujet: Re: We lost ourselves in our pain   Sam 23 Aoû - 12:29

Et voilà que mes larmes coulent, doucement, cachées à l'abri derrière le rideau de mes cheveux. Je fixe mes genoux dénudés sans savoir quoi regarder d'autre. J'ai tellement mal que je préfèrerais en mourir si ça pouvait abréger ma souffrance. Je sens les mains de Min Hwan enserrer mes épaules mais ne bouge pas. J'ai l'impression que la situation est totalement irréelle. Pourquoi Hwan est-il là alors que je n'ai pas tenu parole ? Il devrait m'en vouloir.

« Jamais je ne t'abandonnerai Ae Ri. Tu le sais. Je... »

Les larmes se font plus nombreuses en entendant la voix chevrotante de Min Hwan agenouillé devant moi. S'il n'était pas là, ce n'était pas de sa faute. Et pourtant, je ne peux pas m'empêcher de lui en vouloir. J'ai tellement besoin de le prendre dans mes bras, de poser ma tête contre son torse et d'entendre son coeur battre pour savoir qu'il est bien là et espérer retrouver un brin de calme. Pourtant, une fois de plus, je m'interdis ce luxe. A croire que j'aime me punir. Il ne me vient pas à l'idée que la distance que j'impose puisse lui peser à lui aussi. J'ose un regard et vois ses joues trempées elles aussi. Et encore une fois, je suis la cause de ses larmes. Pourtant, je m'étais promis de ne plus le faire pleurer. Je me déteste, et pleure de plus belle, l'accompagnant dans un silence que seul nos souffles courts et non maîtrisés viennent rompre. Heureusement que la maison est vide... Je fixe toujours Hwannie, bien que ma vision soit floue.

Il m'attire vers lui et je me laisse glisser de ma chaise pour atterrir par terre comme une poupée de chiffon. Légère comme je suis, je n'ai pas peur de lui faire mal. Il me serre fort contre lui et je me laisse faire. Je n'ai ni le courage ni la force de le repousser. J'ai bien trop besoin de lui. Je me laisse reposer contre son torse entre ses bras qui me serrent bien trop fort mais me donnent la sensation de valoir quelque chose alors même que ses sanglots contredisent cette idée.

« Pardon. Je suis là maintenant. »

C'est comme s'il avait prononcé une formule magique. Comme la dernière fois, où nous avons fini par dormir ensemble. J'arrête de me punir et je rends à Hwannie son étreinte. Un simple "pardon", même s'il n'a rien fait de mal volontairement, et je me sens moins seule. Ce poids sur mon coeur semble moins lourd alors que je sanglote bruyamment contre le coeur de celui que j'aime. La position n'est pas confortable mais peu m'importe. Il est là. Enfin. Et pour la première fois depuis trop longtemps, je me sens entière. Woonie est parti, mais lui est revenu et son retour amène un brin d'espoir dans ces nouvelles ténèbres qui m'entourent. Accrochée à lui et au haut de son uniforme, je n'essaie même pas de me calmer. J'ai besoin de pleurer. J'ai trop retenu mon chagrin sans personne avec qui le partager et ce trop plein a besoin de s'évacuer.

"Tu m'as manqué..." parviens-je à articuler entre deux sanglots.

S'il avait été là, tout aurait été différent. Il aurait su quoi faire et je suis sûre que sa seule présnece aurait suffi à me calmer. La vie est cruelle avec moi. Elle est cruelle avec nous. Me retrouver dans cet état doit être difficile pour lui, alors qu'il a toujours fait ce qu'il pouvait pour me protéger. Quant à moi, j'ai l'impression que je ne serais plus jamais la même. Un mois, et tout est déjà perdu.

"Je suis tellement nulle que mon propre frère a préféré partir avec Eun Ae..."

C'est peut-être ça qui alourdit encore plus ma peine. Comment est-ce que je peux croire que ceux que j'aime pourront rester près de moi quand mon propre frère m'abandonne alors même qu'il sait que j'ai besoin de lui et qu'il ne le fait pas pour être seul mais pour embarquer avec lui une cousine ? Je ne comprends même pas pourquoi Hwannie est encore là, à pleurer avec moi en me serrant si fort contre lui.

"Pourquoi tu es revenu, Oppa ? Je ne sais même pas m'occuper de moi..."

Oui, je pense mériter de me retrouver seule. Je ne suis qu'un boulet, c'est évident.


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MessageSujet: Re: We lost ourselves in our pain   Mer 3 Sep - 9:15

Je m'en voulais. Et encore, c'était un bien faible mot. Je connaissais Ae Ri par coeur, j'ai toujours été là pour sécher ses larmes, même quand elle refusait de les laisser couler par fierté. Je n'avais pas de mot pour qualifier notre relation, mais elle avait toujours été très forte et très fusionnelle. Plus d'une fois, Ae Woon nous avait reproché de le tenir à l'écart de nos petits secrets. Ce n'était même pas volontaire, nous n'y pouvions rien si un simple regard suffisait à nous comprendre. C'était comme ça la vie parfois : étrange. Et pourtant, pas une seule fois je n'avais senti à quel point elle allait mal alors que j'effectuais mon service militaire. Ou peut-être avais-je mis cela sur le compte de ma propre peine, de mes problèmes à moi. Quel égoïste je faisais.

Cette scène avait un air de déjà vu, et je détestais ce sentiment. Voir Ae Ri au plus bas me donnait envie de hurler, de casser quelque chose. Je ne supportais pas la savoir dans un tel état. Elle ne méritait pas ce qui lui arrivait depuis un peu plus d'un an. Personne ne l'aurait mérité, mais elle encore moins que les autres. Comment Ae Woon avait-il pu être aveugle au point de ne pas prévoir l'impact que son départ aurait sur sa petite soeur ? Ce type vivait avec des œillères, et c'était loin d'être la première fois qu'il blessait Ae Ri ainsi. Je raffermis ma prise sur la taille de mon petit ange, laissant mes lèvres embrasser sa tempe pour lui rappeler que j'étais là.

« Tu m'as manqué...
- À moi aussi. Je pensais à toi tous les soirs avant de m'endormir. Tu sais que tu es plus efficace qu'une berceuse ? »

J'essayais de détendre l'atmosphère comme je le pouvais. Mes sanglots s'étaient calmés, contrairement à ceux d'Ae Ri, mais quelques larmes continuaient leur chemin silencieusement le long de mes joues humides. Mes mains continuaient de s'affairer pour la calmer, l'une en caressant son dos tremblant et l'autre en partant s'emmêler dans ses cheveux maintenant courts. Mais Ae Ri semblait hermétique à tout cela, et je savais que son esprit restait bloqué sur son frère. Elle était têtue même dans la peine, tout comme son père et son frère.

« Je suis tellement nulle que mon propre frère a préféré partir avec Eun Ae... »

Ça, c'était nouveau. J'haussais un sourcil surpris face à cette révélation. Eun Ae ? Pourquoi donc Ae Woon serait-il parti avec Eun Ae ? Ils étaient proches oui, mais au point qu'il l'emmène avec lui alors que ni Ae Ri ni moi ne savions pour son départ ? Puis je me rappelais qu'il était normal que je n'en sache rien, contrairement à Ae Ri. Cela faisait presque six mois que mon meilleur ami et moi ne nous étions plus adressé un mot. Je séchais mes dernières larmes du revers de la main avant de passer mon pouce en douceur sous les yeux d'Ae Ri.

« Tu n'es pas nulle, c'est lui qui l'est. C'est pas nouveau hein ? Tu te souviens pas de la fois où il nous avait fait la tête pendant une semaine parce qu'on avait dit la même chose en même temps et qu'il en avait marre que tu penses comme moi et pas comme lui ? Ça prouve bien que c'est un idiot. »

Malheureusement, tout ce que je disais ne semblait avoir aucun effet, Ae Ri restait focalisée sur ses propres pensées sans prendre en compte mes interventions.

« Pourquoi tu es revenu, Oppa ? Je ne sais même pas m'occuper de moi... »

Je poussais un soupir et encadrais son visage de mes mains. D'autres larmes y avaient coulé et je les essuyais à nouveau avant de poser un baiser sur le bout de son nez, comme j'aimais le faire.

« C'est vrai, tu ne sais pas t'occuper de toi. Regarde l'état dans lequel tu es. C'est pour ça que je suis là. Parce que je t'aime et que j'ai toujours été là pour prendre soin de toi. Pourquoi ça changerait ? »

Je la forçais à se lever et la serrais de nouveau contre moi.

« Un chocolat chaud devant Wall-E, t'en dis quoi ? »

Petit ange avait encore besoin de beaucoup de câlins pour calmer sa peine, et j'étais bien déterminé à me transformer en nounours s'il le fallait. C'était fou à quel point j'étais prêt à tout pour elle...
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« Kang Ae Ri » TWAO ☆ Loner
MessageSujet: Re: We lost ourselves in our pain   Ven 19 Sep - 23:13

Toutes ces larmes contenues qui n’avaient trouvé jusque là personne pour les recueillir ne cessent plus de couler. Je ne parviens même pas à rire entre mes sanglots lorsque Min Hwan me dit que je suis plus efficace qu’une berceuse. Je me laisse simplement couler contre lui, le laissant m’enlacer et caresser mon dos et mes cheveux, l’autorisant à m’approcher et à essayer de m’apaiser. Mon esprit n’est pas aussi coopératif que mon corps. Il refuse de sortir de toute cette souffrance dans laquelle je me suis emmurée en un seul mois. Plus les secondes passent, plus je me blottis contre Min Hwan. Avide de son contact, j’aimerais qu’on ne fasse plus qu’un. Il est le seul à savoir me consoler. Bien que ses mots ne m’atteignent pas, sa seule présence suffit à me donner une illusion de sécurité.

« Tu n'es pas nulle, c'est lui qui l'est. C'est pas nouveau hein ? Tu te souviens pas de la fois où il nous avait fait la tête pendant une semaine parce qu'on avait dit la même chose en même temps et qu'il en avait marre que tu penses comme moi et pas comme lui ? Ça prouve bien que c'est un idiot. »

Non, ce n’est pas nouveau, ce qui l’est en revanche, c’est qu’il n’en ai plus rien à faire de nous. Lui qui se montrait toujours jaloux lorsqu’on était trop proches ou qu’on pensait la même chose, Hwannie et moi. Et voilà qu’il a envoyé valser d’abord son meilleur ami, puis finalement moi. J’ai envie de demander à Hwan de se taire, de ne plus rien dire. Ce dont il parle me rend bien trop triste et nostalgique d’un temps visiblement révolu. Reverrai-je seulement mon grand-frère ? Au lieu de cela, je continue à pleurer, toujours plus blottie, toujours plus agrippée à son uniforme.

Puis, alors que je l’interroge sur les raisons de son retour, il m’éloigne légèrement de lui et pose ses mains doucement sur mes joues. Il essuie mes larmes, embrasse mon nez, et me regarde. J’essaie un instant de me calmer juste assez pour pouvoir l’entendre.  

« C'est vrai, tu ne sais pas t'occuper de toi. Regarde l'état dans lequel tu es. C'est pour ça que je suis là. Parce que je t'aime et que j'ai toujours été là pour prendre soin de toi. Pourquoi ça changerait ? »

Je renifle bruyamment en baissant la tête. Je ne pensais pas non plus Ae Woon capable de m’abandonner. Pourtant, c’est ce qu’il a fait. Mais j’ai envie de le croire. J’ai envie de croire ce regard attristé qui me fixe. Min Hwan nous relève. Je ne lui suis pas d’une grande aide mais encore une fois, ce n’est pas comme si j’étais très lourde. Il m’offre une nouvelle étreinte et j’essaie de me détendre un peu dans ses bras. Je m’y sens à l’abri, respirant cette odeur que je connais depuis toujours et qui m’a tellement manquée. Jeong Min Hwan… Mon dernier rempart contre la folie.

« Un chocolat chaud devant Wall-E, t'en dis quoi ? »

L’idée d’un film ne m’enchante pas spécialement, mais pour rester accrochée à Min Hwan, je le supporterai largement. J’acquiesce donc, non sans avoir reniflé pour la énième fois. Ma voix est tremblante lorsque je réponds.

« Laisse-moi juste aller me mouiller le visage… Je me dépêche. »

Je m’éloigne avant de penser qu’il est toujours en uniforme et que ça ne doit pas être très agréable.

« Si tu veux te changer, Woon a ramené quelques affaires que tu avais oublié en revenant. Elles sont dans sa chambre… »

Chambre dans laquelle j’ai élu domicile, et qui doit être dans un bazar sans nom. Mais peu m’importe. Je ne suis pas capable de me formaliser de ce genre de chose aujourd’hui. Je n’ai qu’une seule envie : effacer les traces de cette journée et tenter d’oublier, juste pour un après-midi, avec Min Hwan.

Quand je reviens, vierge de toute trace de larmes et de maquillage, hormis l’anticerne évidemment, Hwan s’est changé, et tout est prêt. Je viens me glisser près de lui, d’abord assise correctement puis allongée la tête sur ses genoux.

« Merci… »

Je murmure à un moment, lorsque je me sens apaisée et que cette sensation d’abandon se fait moins forte. Je m’en veux de voler à Hwannie son premier jour de liberté mais j’ai trop besoin de lui pour jouer les dures et le laisser partir. Si je le pouvais, je resterai avec lui toute la nuit, et même le lendemain. De toute manière, il n’y aurait personne pour dire quoi que ce soit, pas vrai ?

Fin


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We lost ourselves in our pain

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